« la plus parfaite de toutes les oeuvres d’art est l’édification d’une vraie liberté politique » Friedrich Schiller
Accueil > Notre action > Appels
Lettre ouverte
19 mai 2026
Le 17 mai 2026
Soutenir l’appel :
Le 26 mai, la Chine, assumant la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, convoquera une réunion sur le thème « Défendre les buts et principes de la Charte des Nations unies et renforcer le système international centré sur l’ONU ».
Cette réunion se tiendra à un moment charnière de l’histoire, où l’humanité peut choisir entre deux voies radicalement différentes. La guerre d’agression non provoquée contre l’Iran, et ses conséquences, ont plongé le Moyen-Orient dans une impasse et font craindre une escalade potentiellement fatale vers une dépression économique mondiale, voire une guerre nucléaire mondiale.
Parallèlement, les rencontres entre le président Xi Jinping et le président Donald Trump à Beijing ont ouvert la voie à une coopération inédite entre les deux plus grandes économies mondiales, offrant ainsi l’opportunité de mettre en œuvre une politique radicalement différente de celle qui a engendré la crise actuelle. Il s’agit donc d’un moment historique crucial qu’on n’a pas le droit de manquer.
Cette politique a été examinée en profondeur lors de la récente table ronde de l’Executive Intelligence Review (EIR), le 15 mai, intitulée La guerre contre l’Iran et la ‘désintégration contrôlée’ de l’économie mondiale. Y ont pris la parole l’ancien Premier ministre turc S.E. Ahmet Davutoğlu, l’ambassadeur d’Iran au Mexique S.E. Abolfazl Pasandideh, l’ancien rapporteur spécial des Nations unies pour la Palestine Richard Falk, et d’autres personnalités.
M. Davutoğlu a insisté sur le fait que des négociations bilatérales entre les États-Unis et l’Iran ne suffisent plus à résoudre la crise régionale. Selon lui, seul un cadre régional global peut instaurer une paix durable. Il a présenté sa proposition récente, articulée autour de quatre enjeux convergents, vis-à-vis desquels « tout progrès sur un front est improbable sans une action simultanée sur les autres ».
1. Le détroit d’Ormuz : Former, sous le mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, une mission navale constituée d’intermédiaires de confiance tels que la Turquie, le Pakistan, la Malaisie et l’Indonésie, pour administrer [provisoirement] le détroit.
2. Accords nucléaires : Établir un nouvel accord en vertu duquel l’Iran déposerait son uranium enrichi [de qualité militaire] en Turquie en échange de combustible à usage civil. Cela réaffirmerait l’engagement iranien à ne pas se doter de l’arme nucléaire et verrait son droit à l’énergie nucléaire pacifique formellement reconnu par les États-Unis. À terme, la région progresserait vers un système exempt d’armes nucléaires, « y compris celles détenues par Israël ». (Rappelons que ce principe a servi de base à l’Accord de Téhéran de 2010, négocié avec l’aide de M. Davutoğlu, du Brésil et de l’AIEA, et rejeté par le président Obama à l’époque. Le président brésilien Lula a d’ailleurs remis une copie de cet accord au président Trump lors de sa visite à Washington le 7 mai dernier.)
3. Architecture de sécurité régionale : Une structure à plusieurs niveaux de renforcement de la confiance et de la sécurité régionale serait mise en place, évoluant vers « un équivalent moyen-oriental des accords d’Helsinki de 1975 ».
4. Palestine : Israël se verrait proposer une intégration dans cette architecture régionale – normalisation diplomatique complète et garanties formelles – en échange de la reconnaissance de l’État palestinien et de la fin des opérations militaires au Liban.
En ouvrant la table ronde, Helga Zepp-LaRouche, fondatrice de l’Institut Schiller et rédactrice-en-chef de l’hebdomadaire EIR, a proposé une refonte complète de la politique pour l’Asie du Sud-Ouest.
Elle a suggéré que les nations de toute la région, de l’Inde à la Méditerranée et du Caucase au golfe Persique, adoptent une politique commune de « Paix par le développement », autour d’un « Plan d’oasis élargi » intégré, combinant un programme de lutte contre la désertification en Asie du Sud-Ouest, inspiré de la transformation du Xinjiang et du verdissement des déserts du nord-ouest de la Chine, avec le développement de corridors de développement à travers la région.
Comme au temps de l’ancienne Route de la soie, le Moyen-Orient pourrait redevenir un carrefour reliant l’Asie, l’Afrique et l’Europe, offrant un avenir prometteur à tous les pays aujourd’hui plongés dans la crise humanitaire et la pauvreté suite aux interventions militaires.
Lorsque Mme Zepp-LaRouche a proposé d’ajouter le Plan Oasis élargi à la proposition présentée par M. Davotoğlu (qui est en fait très similaire à l’Accord de Téhéran de 2010 signé par la Turquie, le Brésil et l’Iran), celui-ci a répondu : « Je suis entièrement d’accord. La meilleure voie vers la paix est l’interdépendance économique. Il n’y a pas d’autre solution. On peut signer des plans de paix, faire de nombreuses déclarations, mais la meilleure voie vers la paix reste l’interdépendance économique. Dès lors qu’il y a interdépendance économique, personne ne déclenchera de guerre. L’interdépendance économique est donc synonyme de développement. »
M. Davotoğlu a ajouté que la meilleure réponse à cette guerre est de créer un sentiment d’ « appartenance régionale, de soutien mutuel. Je partage pleinement votre avis, nous pouvons joindre ces propositions : un cadre de solution géopolitique couplé à un projet de développement visionnaire. »
Les participants à la Table ronde EIR sont donc convenus de transmettre cette proposition commune aux gouvernements convoquant la session extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU le 26 mai, en leur demandant de la prendre en compte lors de cette réunion. Si la Charte des Nations Unies doit être respectée, l’ONU a néanmoins un besoin urgent de réforme, qui garantirait à la Majorité mondiale une représentation proportionnelle. Cette réforme doit notamment prévoir la mise en place d’une nouvelle architecture de sécurité et de développement, qui prenne en compte les intérêts de chaque pays de la planète. La combinaison de la proposition de M. Davotoğlu et du Plan Oasis élargi peut constituer un élément indispensable de cette architecture nouvelle.
Tous les participants à la table ronde de EIR se tiennent prêts à apporter leur concours en tant que de besoin.
Cordialement, Helga Zepp-LaRouche Fondatrice et présidente de l’Institut Schiller international Rédactrice-en-chef et l’Executive Intelligence Review 17 mai 2026
May 17, 2026
On May 26, China, as the rotating chair of the United Nations Security Council, will convene a meeting under the theme “Upholding the Purposes and Principles of the UN Charter and Strengthening the UN-Centered International System.” The meeting will occur with the world at a historical branching point, where humanity can choose to go in one of two very different directions. The unprovoked and aggressive war against Iran, and its ensuing effects, has placed the Middle East at an impasse and threatens a potentially fatal escalation into a global economic depression or even global nuclear war. At the same time, the meetings between President Xi Jinping and President Donald Trump in Beijing have opened the door to a new level of cooperation between the world’s two largest economies, creating an opportunity to implement an entirely different policy than that which created today’s crisis. Therefore, it is a very precious moment in history, which must not be missed.
Such a policy was actually discussed and elaborated at the recent EIR Emergency Roundtable on May 15, “The Iran War and the ‘Controlled Disintegration’ of the World Economy.” Speaking there was former Prime Minister of Türkiye Ahmet Davutoğlu, along with Iranian Ambassador to Mexico Abolfazl Pasandideh, former UN Special Rapporteur for Palestine Richard Falk, and others. Prof. Davutoğlu insisted that bilateral U.S.-Iran bargaining cannot resolve the regional crisis, saying only “a comprehensive regional framework” can produce sustainable peace. He outlined his recent proposal consisting of four converging issues, where “progress on any one front is unlikely without parallel movement on the others” :
1. The Strait of Hormuz : Form a coalition of trusted intermediaries, such as Türkiye, Pakistan, Malaysia, and Indonesia, to administer the Strait under a UN Security Council mandate.
2. Nuclear arrangements : Establish a new agreement whereby Iran would deposit enriched uranium in Türkiye in exchange for fuel for civilian use, reaffirm its commitment not to pursue nuclear weapons, and have its right to peaceful nuclear energy formally recognized by the U.S. Over time, the region would move toward freedom from nuclear weapons “including those held by Israel.” (It should be noted that this was the basis for the 2010 Tehran Agreement, which Davutoğlu helped mediate, along with Brazil and the IAEA, and which was rejected by President Obama at the time. Notably, President Lula of Brazil handed President Trump a copy of this agreement during his recent May 7 visit to Washington.)
3. Regional security architecture : A multilayered structure of confidence-building and regional security would be established, evolving toward “a Middle Eastern equivalent of the 1975 Helsinki Accords.”
4. Palestine : Israel would be offered integration into the architecture—full diplomatic normalization and formal guarantees—in exchange for recognizing Palestinian statehood and ending military operations in Lebanon.
Helga Zepp-LaRouche, founder of the Schiller Institute and Editor-in-Chief of EIR magazine, had opened the roundtable dialogue by proposing a complete policy change for Southwest Asia, namely that the nations of the entire region, from India to the Mediterranean, from the Caucasus to the Gulf, adopt a joint policy of “Peace through Development.” An integrated “Extended Oasis Plan,” in which a program for reversing the desertification of Southwest Asia, modelled on China’s transformation of Xinjiang province and its northwest deserts, is combined with the extension of development corridors throughout Southwest Asia. As in the times of the ancient Silk Road, the Middle East can become the hub connecting Asia, Africa and Europe again, with a bright future for all countries which are now in a state of humanitarian crisis and poverty as a result of interventionist wars.
When Zepp-LaRouche proposed to add the Extended Oasis Plan to the proposal put on the table by Davutoğlu, which is actually very similar to the Tehran Agreement of 2010 signed by Türkiye, Brazil and Iran, the latter replied :
“I fully agree. The best way of peace is economic interdependency. There is no other way. You can sign peace plans, you can make many declarations, but the best way of peace is economic interdependency. Whenever you have economic interdependency, nobody will be starting a war. So, economic interdependency means development.” Davutoğlu added that the best response to this war is to create a sense of “regional belonging, supporting each other. And I fully share your opinion ; and we can bring these proposals together, a geopolitical solution framework, as well as a developmental, visionary project together.”
The participants in the EIR Roundtable agreed, therefore, to send this combined proposal to the governments convening the UN Security Council special session on May 26, requesting that it be taken into consideration at this meeting. Even as the UN Charter must be upheld, the UN is nevertheless in urgent need of reform, which would give the Global Majority a proportionate representation. Part of this reform must be the establishment of a new security and development architecture, which must take into account the interest of every single country on the planet.
A combination of Mr. Davutoğlu’s proposal and the Extended Oasis Plan can be an indispensable component of such a new architecture.
Any and all of the participants in the EIR roundtable stand prepared for further assistance, if so required.
Sincerely yours,
Helga Zepp-LaRouche Founder, Schiller Institute Editor-in-Chief, EIR May 17, 2026
. . . . . . . . . .